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Le trafic aérien a augmenté de 4,3% par an en moyenne au cours des 40 dernières années. En Europe, il a doublé depuis 1990. Et avec l’apparition des vols low-cost (compagnies à bas prix) en 1995, la tendance s’est encore accélérée, et l’avion s’est beaucoup banalisé dans nos habitudes et nos sociétés.


Et ça n’a pas l’air de vouloir s’arrêter : avec les centaines de commandes de nouveaux avions (la flotte mondiale devrait être multipliée par deux d’ici vingt ans pour atteindre 33500 appareils contre 17000 en 2006), on voit bien que la réduction du transport aérien n’est pas vraiment à l’ordre du jour !!! En effet : le trafic aérien sera multiplié par deux d’ici à 2020, par rapport à 2003.
C’est inquiétant, car on prévoit que les émissions de gaz à effet de serre dues aux transports pourraient ainsi plus que doubler dans les 10 prochaines années. Et oui, car l’avion reste une source importante d’émissions de carbone. Le trafic aérien ne génère que 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais il est proportionnellement le mode de transport le moins écologique.
Par exemple, un vol aller retour Paris New York en seconde émet 460 kg de carbone par personne (ou encore 1,64 tonne de CO2). Or, le maximum d’émissions annuelles de carbone auquel il faudrait se limiter par personne, toutes activités confondues au long d’une année, pour stabiliser la concentration de CO2 dans l’atmosphère et limiter la perturbation du climat est de… 460 kg (http://www.manicore.com/documentation/aeroport.html). Un seul vol aller retour Paris New York suffit donc à atteindre cette limite !
Donc, on en revient bien à la conclusion qu’il est nécessaire de prendre moins l’avion. Mais ça… c’est beaucoup moins facile que d’éteindre la lumière en sortant d’une pièce !

Quand on prend l’avion pour le travail…
Premier réflexe : se demander si le déplacement en avion est strictement indispensable. On est souvent convaincu qu’il n’existe pas d’autres alternatives. Parfois, c’est simplement parce qu’on ne l’a pas envisagé sérieusement. À bien y réfléchir, selon les cas, l’avion peut être remplacé par :
•    un autre mode de transport. Par exemple, pour un déplacement en France ou en Europe, par le train ou le car. Ne vous laissez pas gagner par l’idée reçue qu’on « perd » du temps : mis à profit, le temps du trajet, même un peu long, peut être beaucoup plus productif qu’en avion (moins de dérangement, moins d’attentes, plus de calme). Ensuite, comparez les différents modes de transport pour vous rendre à destination (http://www.ademe.fr/eco-comparateur/default.htm). Par exemple, sur un trajet Paris Marseille, un voyageur émet 97 kg de CO2 en avion, 89 kg de CO2 en voiture (avec deux personnes à bord) et 2 kg de CO2 en TGV. Une fois la comparaison faite, vous aurez une meilleure notion de l’impact de votre trajet. Si vous n’avez pas le choix et que vous devez prendre l’avion, inutile de culpabiliser. Mais gardez-le à l’esprit, et faites le pas une autre fois ! Sans attendre toutefois un cas de force majeure (http://www.deplacementspros.com/Deplacements-et-rapatriement-des-collaborateurs-les-alternatives-a-l-avion_a5110.html)!
Par exemple, l’agence pour l’environnement britannique a décidé d’interdire à son personnel de prendre l’avion pour effectuer des vols domestiques et des déplacements en Europe. http://www.goodplanet.info/goodplanet/index.php/Contenu/Depeche/Fin-des-vols-domestiques-pour-le-personnel-de-l-Agence-pour-l-environnement-britannique?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Goodplanetinfo+%28Les+D%C3%A9p%C3%AAches+Go
•    une visioconférence, ou une retransmission vidéo (pour un colloque ou une conférence). Certaines entreprises recourent désormais régulièrement à la visioconférence et s’en déclarent très satisfaites (moins de dépenses, moins de temps perdu et moins de stress que pour un déplacement physique). Par exemple, en utilisant la visioconférence, Bouygues Telecom a enregistré une baisse de 10% de ses voyages en métropole et économisé près de 300 000 euros (http://www.decision-achats.fr/Decision-Achats/Article/Les-reunions-virtuelles-une-alternative-aux-voyages-d-affaires-33418-1.htm). Le système se développe car il ne manque pas d’atouts convaincants : parlez-en si ce n’est pas encore en place dans votre entreprise !
•    si le déplacement est vraiment indispensable, autant qu’il soit aussi utile à d’autres par le biais de la compensation carbone, un système qui permet de financer des projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre ou de séquestration du carbone (énergie renouvelable, efficacité énergétique ou reboisement) permettant de réduire, dans un autre lieu, un même volume de gaz à effet de serre. www.actioncarbone.org

Quand on prend l’avion pour partir en week-end ou en vacances…
Le tourisme est un secteur en plein essor : près de 900 millions de touristes en 2007, et 1,6 milliard prévus en 2020, selon l’Organisation Mondiale du Tourisme. Tous nos choix de vacances ont un impact au niveau local et mondial (http://www.unep.fr/greenpassport/).
Quand on sait que 72% des impacts climatiques du tourisme sont dus uniquement au transport, plusieurs solutions viennent à l’esprit :

 

•    Partir moins loin

Les offres commerciales pour des escapades de quelques jours à l’étranger abondent. On peut s’interroger sur ce qui motive réellement notre envie de partir loin, ce qui nous attire, ce qu’on va vraiment y chercher, ce qu’on veut pouvoir raconter et montrer à notre retour… On épate volontiers ses proches avec ses photos de plages tropicales, mais on ne dit pas grand chose sur ses escapades dans les régions françaises… Pourtant, pas besoin de partir loin pour en profiter à fond et se sentir vraiment « ailleurs » : la France propose une variété de paysages et de formules de séjour capables de nous surprendre et de nous dépayser tout autant qu’un aller retour express dans un hôtel au Maroc : tourisme fluvial, séjour à la ferme, hébergement en habitat léger, écogîte, stage de formation, randonnée à vélo…

 

•    Partir autrement

Si vraiment on veut partir loin en avion, autant partir autrement et privilégier une formule qui allègera l’empreinte carbone globale de ce voyage.
Eco-tourisme, tourisme responsable ou solidaire, écovolontariat, les formules varient, mais l’idée commune est bien de diminuer l’impact de son séjour sur le pays d’accueil et d’en faire bénéficier davantage les populations locales.
http://www.planete-urgence.org/
http://www.cybelle-planete.org
http://www.ecotourisme.info/
http://www.echoway.org/


On peut aussi privilégier, à destination, un hébergement éco-labellisé, c’est à dire qui se distingue par ses efforts pour réduire son impact sur l’environnement, et par sa politique sociale (www.eco-label.com, http://www.voyagespourlaplanete.com/les-labels-du-tourisme-responsable/).
L’échange de maisons est également une solution « écologique », puisque elle permet d’économiser l’énergie nécessaire à la construction de bâtiments supplémentaires uniquement destinés aux vacanciers, et contribue à préserver les lieux touristiques. En plus, c’est économique, et la formule est plus « couleur locale » ! http://www.vacances-echange.info/Maisons

 

•    Partir plus léger

Réduire de 15 kg le poids de ses bagages permet d’économiser de 100 à 200 kg éqCO2 sur un vol Londres – Tenerife. Pensez-y en faisant votre valise !
Vous pouvez aussi vous renseigner sur la politique de l’entreprise en matière de développement durable. Certaines compagnies aériennes s’engagent à réduire les émissions de CO2 de leurs vols : par exemple, en évitant les trajets avec escales (car c’est au décollage et à l’atterrissage qu’ont lieu les plus importants rejets de CO2).

 

•    Partir plus longtemps et sans avion !

Notre addiction à la voiture et à l’avion est une question de temps : aujourd’hui, on vit vite, on vit pressé. Alors si vous souhaitez partir loin vers la destination de vos rêves, mais en limitant quand même vos émissions de gaz à effet de serre, essayez le tourisme lent ! Il vous faut prévoir un peu plus de temps, pour envisager un trajet en bus, en train ou en bateau. Assurément moins onéreux, et riche d’échanges et de découvertes. Le tourisme lent libère du temps pour soi, et pour les autres. Si vous ne vous sentez pas prêt, que vous n’êtes pas convaincu par la formule, commencez par découvrir les aventures d’autres voyageurs : http://www.abm.fr/ Ce n’est peut-être pas comme vous l’imaginez…

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