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Manuella, 22 ans, Paris

L’âge minimum pour être écovolontaire c’est 18 ans : j’ai fait ma première mission à 18 ans avec l’association A Pas de Loup. L’année suivante je n’en n’ai pas fait, et ensuite ils cherchaient une encadrante, je me suis lancée. J’ai fait mon stage chez eux et je suis devenue administratrice de l’association.

J’ai choisi A Pas de Loup parce que c’est là où la démarche est la plus cohérente. En mission, on y va en covoiturage, on utilise des toilettes sèches, on mange bio, pas de viande, on trie les déchets… Et dans le cas de missions à l’étranger, la durée minimale est d’un mois, pour compenser la nécessité de prendre l’avion.

L’écovolontariat chez A Pas de Loup est cadré par une charte : le volontaire donne son temps, son énergie, mais pas son argent ! Ce n'est pas lui qui finance le programme, ce n’est pas de l’éco-tourisme. Le transport est à sa charge, mais ensuite les frais d’hébergement sont modestes : pas plus de 16 € par jour et par personne, sinon le chantier n’est pas répertorié. Et dans le cas d’une mission à l’étranger, l’argent dépensé pour l’hébergement et la restauration va directement aux populations locales (par exemple, au Togo, ce sont des villageois qui assurent l’hébergement des écovolontaires).

L’idée de faire du bénévolat m’est venue un peu par hasard. Je cherchais à faire quelque chose d’utile et j’ai toujours eu une attirance pour la nature. J’avais déjà eu une expérience de bénévolat pour le WWF, du genre tenue de stands, présentation d’exposition, animation sur le recyclage des déchets. Ensuite j’ai découvert A Pas de Loup et ça répondait à ce que je recherchais. J’ai découvert l’écovolontariat en participant à une première mission, je n’avais aucune idée de ce que c’était.

C’est vraiment enrichissant. Quand on fait un chantier, il y a une problématique, un encadrant, parfois des scientifiques, on nous explique ce qu’on est en train de faire : on apprend plein de choses sur la nature et l’environnement en général, pas seulement le sujet sur lequel on intervient ! On apprend beaucoup plus en une semaine de chantier que dans les livres, parce qu’on échange avec des passionnés, des gens qui partagent tout ce qu’ils savent, et qui en savent un rayon à force de vivre au contact de la nature. Et ce ne sont pas que les encadrants : une fois, parmi les volontaires, il y avait un passionné d’oiseaux qui ne lâchait jamais ses jumelles, il m’a fait découvrir sa passion.

On rencontre des gens qui partagent les mêmes valeurs, l’ambiance est sympa, il y a de belles rencontres, j’ai gardé des contacts avec certaines personnes. Sur ma dernière mission, ça allait de 20 à 63 ans ! Un chantier d’écovolontariat, ça fait des souvenirs pour toujours, des rencontres inoubliables.

C’est enrichissant aussi au niveau personnel, parce qu’on apprend à mieux se connaître. On se retrouve dans des situations où on est quand même assez isolé, à passer 24h sur 24 avec des gens qu’on ne connaît pas et qui sont très différents… C’est intéressant aussi comme expérience humaine. C’est vraiment une ouverture.

Et il y a la satisfaction de faire réellement quelque chose d’utile : c’est simple, si les volontaires ne sont pas là, il n’y a pas de main d’œuvre, le projet ne peut pas se faire. Donc on contribue vraiment à la protection de l’environnement. Et il n’y a pas besoin de compétences pour ça : tout le monde peut le faire. Chez A Pas de Loup, il y a plus de 300 départs en mission par an. Ils ont calculé qu’en nombre d’heures travaillées, ça représente 26 ans de travail d’un salarié aux 35 heures ! Quand on part une semaine ou un week-end, on a l’impression que c’est peu de chose, mais tout ces petits coups de mains mis bout à bout représentent un travail énorme !

Il y a beaucoup de thèmes possibles pour les chantiers. Moi, je préfère ce qui touche au milieu montagnard, aux arbres… Mais il y a aussi les rapaces, les tortues marines, et même les éléphants en Afrique. Il y en a pour tous les goûts, pour tous les publics, dans tous les domaines : surveillance, aide scientifique, relevés ou comptages, soins aux animaux, etc. En tout j’ai fait sept missions, dont une au Togo. Toutes les missions sont annoncées sur le site Internet. Moi je suis adhérente, donc je suis automatiquement informée du programme des chantiers.

J’essaye de développer de nouvelles activités chez A Pas de Loup, par exemple, j’ai proposé qu’on mette en place une initiation à l’éco-volontariat pour des groupes de scolaires. Pour moi, c’est le meilleur moyen d’éduquer à l’environnement : tu t’abîmes les mains, tu mets tes bottes, c’est concret ! C’est au stade de projet, mais j’aimerais développer ça avec les écoles, pour permettre aux enfants de vivre une expérience comme ça.

Je ne suis jamais partie dans un pays où on parle anglais, ça me tente bien. C’est un autre aspect de l’écovolontariat que j’aimerais tester : apprendre l’anglais tout en faisant un truc utile pour la nature, ça me motive bien !

En tous cas, maintenant, je ne peux plus partir en vacances, comme ça, au bord de la mer, et ne rien faire de particulier… J’aurais l’impression de perdre mon temps ! Il faut que je sois active, j’ai besoin de faire quelque chose qui a un sens, qui soit utile et enrichissant. Quand tu fais un premier chantier, tu en refais un après ! Tu as envie d’en apprendre davantage, de retrouver cette « autre manière de vivre » au contact de la nature et des gens qui partagent l’aventure.

Site internet de l'association A Pas de Loup : http://www.apasdeloup.org

Plate-forme pour l’éco-volontariat en France : http://www.jagispourlanature.org

 

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