AddThis Social Bookmark Button
Renée, 78 ans, Paris


J’habite le 107 depuis 1987. C’est une résidence qui comprend 500 appartements dans 9 bâtiments de 13 étages. Depuis longtemps, il existe une association de locataires très active, à laquelle participe une centaine de personnes, et qui organise par exemple la galette des rois, le repas des voisins, des projections de films… Et puis un jour, à une réunion de l’association, Jean-Jacques* a proposé : « Et si on faisait un compost ? ». Et c’est comme ça que ça a commencé !
Il a mis un mot dans les boîtes à lettres pour inviter les personnes intéressées à se manifester. 25 personnes ont réagi. Il y a eu une réunion de présentation, où on nous a remis un bio-seau à chacun. Ensuite, il y a eu une deuxième réunion avec une biologiste qui nous a donné des conseils pratiques : ne mettre que des déchets végétaux, et pas de déchets animaux comme la viande pour éviter les odeurs et les nuisibles, alterner le sec et l’humide, remuer, etc. Elle a aussi apporté un microscope pour montrer à tout le monde les petites bêtes à l’œuvre dans le compost, jusqu’au lombric, en nous expliquant le rôle de chacune. C’était passionnant !

Les quatre composteurs de 600 litres ont été installés dans l’ancienne aire de jeux pour enfants qui ne servait plus. Un est en cours de remplissage, deux en mûrissement et le dernier sert de bac à feuilles mortes et à sciure (pour la matière sèche). Chaque personne qui participe a la clé de l’enclos. Le bailleur de la résidence, l’OPAC (Paris Habitat), a donné l’autorisation, a acheté les composteurs, et nous approvisionne en sciure. Ils vont aussi nous fournir un broyeur pour qu’on fasse nos matières sèches nous-mêmes. Leur participation est certainement un des facteurs de réussite du projet.
Au niveau de mon quotidien, ce n’est pas du tout contraignant. Mon bio-seau est dans ma cuisine, et je le vide une fois par semaine environ dans le composteur. L’été, je le mets à l’ombre sur mon balcon, et j’ajoute un peu plus de matières sèches. En respectant bien les consignes, je n’ai jamais eu de problèmes d’odeurs. Aucune gêne non plus au niveau des composteurs, d’ailleurs, comme on nous l’avait dit lors de la formation, le compost bien réalisé doit sentir « la forêt au printemps après la pluie » !
Le compost est à la disposition de tous pour les jardinières de fleurs. On en met aussi sur les premières plates-bandes du jardin partagé qu’on est en train de créer ! Pour le moment, on cultive déjà des tomates et des potimarrons…
Depuis que l’opération a commencé au printemps 2008, tous les « composteurs du 107 », c’est-à-dire les participants, sont en relation par e-mail. Quand Jean-Jacques, qui veille au compost, remarque quelque chose d’anormal, par exemple un bouquet entier qui n’a pas été fractionné, il nous envoie un petit message… Il a créé un petit journal interne, « La feuille de chou », dans lequel il fait le point régulièrement, et nous dit quand il faut de l’aide pour le compost, par exemple. Et puis on échange aussi quand on se croise au composteur !
Moi, je suis très contente de l’expérience. C’est vrai qu’au départ, j’étais déjà motivée et sensibilisée parce que j’avais déjà essayé de faire du compost dans une maison de famille à la campagne, mais on s’y prenait mal, et ça ne donnait rien. Là, c’est vrai que j’ai plaisir à réussir le compost, mais pas seulement. J’ai plaisir aussi à rencontrer des gens de manière différente, à partager autre chose, à être une petite goutte d’eau pour la protection de la planète… Et un petit signe qui ne trompe pas : on était au départ 25 volontaires. On est aujourd’hui 50 !

*Jean-Jacques Fasquel, résident du 107, comme Renée, est à l’origine de CompoSt’ory (Formation, assistance, animation et suivi de la mise en place de composts collectifs en pied d’immeubles). Pour découvrir ses autres expériences :
http://compostproximite.blogspot.com/

Quelques exemples de composts collectifs en France :
http://www.brest-ouvert.net/breve4138.html

Quelques chiffres :
Chacun de nous jette 590 kg de déchets par an :
-    390 kg dans nos poubelles et conteneurs de tri
-    200 kg dans les déchèteries.
C’est deux fois plus qu’il y a 40 ans.

Les déchets organiques (compostables) représentent en moyenne un tiers du poids de la poubelle.

Environ 40 % des déchets ménagers en France sont incinérés (brûlés). Or les déchets végétaux sont constitués à 90%... d’eau.

Environ 150 kg de déchets, par foyer et par an, peuvent être compostés localement au lieu d’être enlevés comme ordures ménagères et traités par la collectivité.

 

blog comments powered by Disqus

Le Geste 10:10 du Jour

Commentaires